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La parentalité positive, quelques essentiels.

Les vacances approchent et avec eux des moments de partage et d’amour avec nos enfants… Oui c’est certain, il y a toujours des bons côtés de passer du temps en famille, et en même temps il y a aussi la chaleur, les queues devant le glacier, les affaires de plage éparpillées…autant de bonnes raisons de se fâcher et transformer les parents en bêtes autoritaires et avides de cris ! Alors pour prendre un peu de recul et nous outiller pour cette période où le repos et la tranquillité sont maître mot nous faisons le point sur la parentalité positive. Concept obscure pour certains, permissif pour d’autres, il aurait tout de même quelques vertus intéressantes, alors regardons cela de plus prêt.

Une définition de la parentalité ?

 Après de nombreuses recherches nous avons fait le choix de nous arrêter sur la définition de la parentalité de Stolérus et Morales-Huet (1989). Ils définissent donc cette notion comme « l’ensemble des représentations, des affects et des comportements du sujet en relation avec son ou ses enfants, que ceux-ci soient nés, en cours de conception ou non encore conçus ». Une approche qui parle de représentations : conscientes ou inconscientes, elles reposent sur une construction personnelle et intergénérationnelle. Ainsi nous naissons tous avec un bagage, une histoire que nous souhaitons ou pas perpétrer.

Il n’existe donc pas une seule manière de voir la parentalité, mais autant qu’il y a de parents, de figures d’attachements. Pour l’observer et prendre un temps de recul et d’analyse nous allons donc nous appuyer sur les trois axes qui la constitue : l’exercice de la parentalité, l’expérience de la parentalité et la pratique de la parentalité.

Le premier est le pivot légal, il s’agit des droits et devoirs qui sont attachés à la fonction parentale. Cela inclut l’autorité parentale et la responsabilité précisée dans l’art. 371-1 du code civil de la manière suivante: « l’autorité parentale est un ensemble de droits et de devoirs ayant pour finalité l’intérêt de l’enfant. Elle appartient aux père et mère jusqu’à la majorité ou l’émancipation de l’enfant pour le protéger dans sa sécurité, sa santé et sa moralité, pour assurer son éducation et permettre le développement dans le respect de sa personne. Les parents associent l’enfant aux décisions qui le concernent, selon son âge et son degré de maturité ». L’expérience de la parentalité correspond au processus affectif et imaginaire, dit « processus de parentification ». Enfin, le dernier volet comprend toutes les tâches effectives, objectivement observables qui incombent aux parents.

La figure d’attachement

Dès la naissance l’enfant va se tourner vers l’extérieur et toutes les interactions vont participer à la création du lien d’attachement. C’est un besoin primaire, un besoin lié à la sécurité. Ainsi en fonction des réponses données par le parent, l’enfant va construire et adopter des stratégies. De fait, les impacts de la posture de la figure d’attachement sont nombreux autant sur le développement cognitif, l’estime de soi, la régulation des émotions et les compétences sociales.

Pour aider les enfants à déployer leurs ailes dans la coopération et l’autonomie fondée sur la confiance et le respect mutuel il existe de nombreux outils, dont l’approche positive. Elle est basée sur la philosophie et les enseignement d’Alfred Adler et Rudolf Dreikurs et a pour objectif de développer les compétences indispensables pour la vie dans la bienveillance et la fermeté. Il est important que les enfants grandissent avec des adultes qui portent les valeurs et les repères éducatifs dans un monde où ils ont parfois moins d’opportunités de développer le sens des responsabilités et la motivation.

L’approche positive

La bienveillance est le mot clef de toute approche éducative. Il s’agit ici de respecter le monde de l’enfant, sans pour autant céder à toutes leurs demandes ou éviter toutes les frustrations. C’est donc écouter son ressenti, ses sentiments et avoir confiance en eux, afin qu’ils développent le sentiment d’être capable. Afin de faire leurs apprentissages, les enfants ont besoin d’un cadre sécurisant, c’est pourquoi il est également de définir des règles et des limites.

Il est donc important de prendre un temps de pause en cas de conflit, ce qui permet de ne pas réagir à chaud, lorsque tout le monde est contrarié. Cela évite que les mots dépassent notre pensée et permet de rationnaliser.

Dans l’approche positive nous parlons des 3 « R »:

  • Reconnaitre sa responsabilité: « j’ai fait une erreur »
  • Réconcilier: « je suis désolée »
  • Résoudre: « j’ai besoin de ton aide… »

En effet, l’enfant est un être social, qui apprend de ses expériences pour en faire une interprétation. C’est pourquoi, la première étape dans l’enseignement de la responsabilité sociale est l’enseignement de l’autonomie. Quant aux erreurs, elles sont des merveilleuses opportunités d’apprentissages.

C’est donc naturellement que l’encouragement est l’élément central dans l’approche positive, puisqu’il participe à long terme au développement de la confiance en soi (attention nous parlons d’encouragements pas de compliments).

Enfin, de nombreuses études ont démontré les méfaits ou l’inefficacité des méthodes punitive. En ce qui concerne la l’approche positive, il s’agit de s’appuyer sur des conséquences naturelles ou logiques sans aucune intervention de l’adulte et qui offre une opportunité d’apprentissage à l’enfant, par exemple si on marche sous la pluie on est mouillé. Elles ne s’appliquent jamais en cas de danger, ou si cela interfère avec le droit d’autrui. Ainsi une conséquence logique doit être liée à un comportement, respectueuse, non culpabilisante et non humiliante, raisonnable et connu à l’avance (en choisissant un comportement inapproprié il sait qu’il y a une conséquence possible). Chercher des solutions ensembles peut s’avérer intéressant également.

Pour terminer la parentalité positive est une question de sensibilité et d’écoute. « Les parents doivent se débarrasser de l’idée qu’il existe des méthodes éprouvées, capable de donner des résultats prévisibles si elles sont bien appliquées. Tout ce qu’ils font avec et pour leur enfant doit tenir compte de la situation particulière et de la relation qu’ils désirent établir avec lui… Elever des enfants est une entreprise créative, un art plutôt qu’une science. » Bettelheim (1987).

Bibliographie

Gordon, T. (2003). Eduquer sans punir. Paris: Marabout.

Houzel, D. (2017). Les enjeux de la parentalité. Toulouse: Eres.

Nelsen, J. (2012). La discipline positive. Paris: Edition du toucan.

Sellenet, C. (2007). La parentalité décryptée. Pertinence et dérives d’un concept. Paris : L’Harmattan.